En ma qualité de Ministre de l’Éducation, de la Formation et de la Francophonie, je suis particulièrement heureux de participer aujourd'hui à la Commission Mixte de la Convention de Coopération Régionale 2017 entre la France, la Nouvelle-Calédonie et la République du Vanuatu ; et je remercie l’Honorable Premier Ministre de my avoir invité. Je salue et remercie vivement aussi la délégation du President Philippe Germain de la Nouvelle-Calédonie pour le déplacement, qui signifie une fois encore votre fort engagement dans le partenariat avec le Vanuatu.

Nous venons d'aborder les aspects techniques de cette coopération à travers le bilan des projets engagés ainsi que les nouveaux projets à mettre en œuvre et je tiens à remercier l'ensemble des acteurs qui ont permis et qui œuvrent pour que tous ces projets, majoritairement du secteur de l'éducation et la formation, continuent d'exister et ainsi faire épanouir ce secteur de développement privilégié.

 Sans vouloir revenir en détail sur les projets portés par le Ministère dans cette coopération, je me permettrais plutôt de saisir lunique opportunité de cette rencontre importante en Commission Mixte pour vous présenter la vision globale du Vanuatu relative au développement de son système et programme éducatif de la maternelle jusqu’à l'université.

 Comme vous le savez, le Ministère de l’Éducation et de la Formation, soucieux de lexistence et

la pratique de certaines politiques de développement jusquici contradictoires aux bonnes valeurs de

la démocratie et de la citoyenneté et qui, pour une trop longue durée, ont aussi ouvertement

porté atteinte aux valeurs et droits de lenfance à la scolarité;  s’engage ardemment dans une

forme institutionnelle qui vise le rééquilibrage du système éducatif, l’équité, la mise en

valeur et l’émancipation de lenfant qui sera dorénavant au centre de cet exercice.

 

Les domaines prioritaires ou thématiques couverts par cette réforme sont : 

➢   La scolarisation gratuite depuis la maternelle jusqu’à l’année 10 (ou niveau 3ème)

➢   Le droit de l’enfant à un enseignement et une formation de qualité

➢   La restructuration des services et décentralisation avec renforcement des compétences techniques dans les provinces et aux établissements élites du pays

➢   Le droit de l’enfant aux valeurs de la francophonie, au bilinguisme et au multilinguisme

➢   Le renforcement des compétences des enseignants

➢   La formation technique et l’usage de la technologie à dans l’enseignement et la formation

➢   L’enseignement supérieur et le développement de l’université nationale bilingue et le centre de recherche ;

➢   Un programme efficace de bourses qui alignerait directement les etudiants bénéficiaires au marché de l’emploi ; et enfin

➢   Une coopération privilégiée entre partenaires de confiance et de qualité. 

 

Je mefforcerai de ne limiter cette intervention quaux domaines particuliers liés à la

Convention de coopération régionale.

En effet, le Ministère s'est engagé dans la voie ambitieuse mais nécessaire de scolariser

gratuitement tous ses enfants depuis la maternelle jusqu’à l'année 10 du collège (équivalent à la

3eme); la gratuité est déjà en place de l’année 1 jusqu'à l'année 6 au niveau primaire et sera assurée

dès l'an prochain, ou même au troisième trimestre de cette année, à partir de l’année 7.

Afin d'accompagner l'expansion des écoles qui va en résulter, nous avons engagé parallèlement

une politique de centralisation des services du gouvernement dans les provinces (Devolution

Policy).

Le Ministere est convaincu que la seule manière de rentabiliser nos gigantesques investissements

dans le secteur éducatif, est daccroitre les compétences techniques et capacités administratives

et technologiques au niveau de nos six provinces et établissements scolaires élites du pays.

Dans ce sens, le projet d'extension des centres de DAEU à Montmartre et à Luganville sur Santo (et

Logiquement aussi ailleurs à l’avenir) recouvre une importance capitale pour permettre à nos jeunes

d'étudier localement avec en perspective l'intégration dans les filières d'enseignement supérieur

bilingue. La mise en place des moyens technologiques pour accompagner cet enseignement a

distance sera egalement de plus en plus nécessaire.

 

La francophonie, sa promotion accentuée dans la scolarité et sa place incontestable dans la vie quotidienne des citoyens comme résidents du Vanuatu est un droit stipulé dans la constitution nationale; et non plus un simple privilège ! C’est à travers l’éducation que la francophonie vit et s’épanouit!

Le bilinguisme ou plutôt le multilinguisme dans le système éducatif du pays est tout dabord un élargissement culturel logique favorisée par la francophonie et le riche patrimoine culturel hérité.  Le bilinguisme ou multilinguisme était présentée jusquici comme un défi immense et couteux, mais ce défi nous laccueillons favorablement au Ministère de lEducation daujourdhui, car cest un atout majeur que nous voulons transformer en opportunité d’investissement éducatif, économique et social que notre pays nait jamais connue. Il représente un pilier fondateur de la Constitution nationale, mais aussi une opportunité d’investissement sans précèdent mais nécessaire pour le petit pays quest le Vanuatu. Il nous est difficile de nier un héritage et patrimoine culturel ; mais noble d'en faire une force qui affirme tout simplement notre identité particulière et unique de pays à densité linguistique par habitant la plus élevée au monde : 116 langues (dont 113 langues vernaculaires vivantes), une langue nationale et deux langues officielles denseignementque nous voulons aussi partager avec nos voisins. Au total, 116 langues que nous devons protéger et promouvoir, pour ne population denviron 270,000 habitants ; soit une langue pour 2,327 habitants ! Cest là la complexité de notre réalité culturelle et linguistique que nous avons devoir de faire vivre.

Pour cela, afin de développer notre enseignement supérieur et créer les bases de notre future université bilingue, nous prévoyons de procéder selon le système LMD :

➢   Nous cherchons à diversifier les offres de formation en Licence (L). La licence AES existe déjà depuis 2013 ; en 2018, une licence ‘Gestion Tourisme et Hôtellerie’ sera mise en place et le Gouvernement du Vanuatu exprime ici sa satisfaction devant le consensus des deux universités françaises prêtes à s'allier pour délivrer conjointement un diplôme unique optimisant les apports de chacune afin de correspondre pleinement aux attentes et besoins spécifiques du pays. Pour 2019, nous pensons déjà à proposer une licence dans le domaine de l'environnement, avec plusieurs parcours de spécialité en agriculture et dans le développement durable tenant compte des problématiques liées au changement climatique et la réalité du Vanuatu comme pays agricole.

➢   Nous renforçons également nos formations de Master (M) à travers deux Master bilingues ouverts en 2017 aussi bien aux francophones qu'aux anglophones. Un chantier de réflexion est également en cours sur le développement d'autres Masters dans le domaine du renforcement linguistique anglais-français, et dans le prolongement des filières existantes.

➢   L'introduction des Masters induit l'idée de la recherche, et j'en viens ainsi au (D) de doctorat, 3ème élément pour envisager l'existence d'une université nationale et autonome, avec ses propres ressources humaines. Pour réaliser ce transfert de compétences, nous travaillons sur plusieurs dossiers :

➢   la création d'un centre de recherche adossé à la future université ainsi que la structuration d'un corps d'enseignants-chercheurs à travers l'établissement d'une unité doctorale du Vanuatu liée à l'UNC-UPF ainsi qu'aux autres universités et institutions de recherche de la région.

➢   Les bourses offertes dans le cadre de cet accord serviront ainsi à financer la poursuite d'études en Master et en doctorat suivant les priorités nationales.

➢   A ces formations académiques, notre vision globale nous pousse à anticiper l'intégration des instituts techniques tels l'IFEV, l'ITV, le collège agricole, le collège maritime, le centre de formation des infirmiers entre autres, dans l'enseignement supérieur national. Dans ce sens, l'IFEV proposera dès 2019 une licence en sciences de l'éducation (contenu bilingue) et les autres instituts suivront bientôt.

Et dans ce mouvement porteur de sens et d'avenir, nous avons la chance d'être accompagnés par notre plus proche voisin mélanésien, la Nouvelle-Calédonie, qui, à travers cette convention de coopération régionale et sa contribution à la construction des bâtiments accueillant les formations supérieures bilingues dans le cadre du projet FICOL, nous montre une fois encore que nous pouvons compter sur son appui sans faille. A propos de l’état d’avancement du dossier FICOL, nous avons reçu confirmation de l’exonération (exemption) des taxes sur les fonds du projet de la part du bureau du premier ministre et du Ministre des Finances ; et notre souhait est de signer la convention au plus vite pour débuter le chantier d’ici la fin de l'année. Je remercie aussi la France, ses représentants ici au Vanuatu particulièrement, pour son appui à nos projets éducatifs.

Pour conclure, je forme ici le souhait que l'éducation et la formation restent au centre des préoccupations de ce partenariat régional pour plusieurs années encore afin de créer un espace de partage liant développement, recherche et innovation à la hauteur des enjeux qui sont les nôtres, pour l'intérêt de nos populations respectives. Ceci, compte-tenu de la réforme institutionnelle que le Ministere mène en ce moment avec le soutien étroit de ses partenaires privilégiés, également parties de cette Commission Mixte.

 

 

Je vous remercie de votre  aimable attention.

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